Donc, Fermat mort et son théorème publié, le petit monde des mathématiques est en ébullition.
Le premier à s'y coller sérieusement est Léonard Euler, citoyen suisse, et génie incontestable du XVIIIème siècle. On l'appelait en Europe "l'analyste incarné". Encore jeune homme, il
perdit la vue d'un oeil, ce qui lui fit dire aussitôt :"je serai moins distrait"; et la grande Catherine de Russie l'appelait : "mon cyclope mathématique".
Il réalisa de grandes avancées dans la résolution du Théorème, mais demeura impuissant à relever la gageure de Fermat.
Un autre personnage extraordinaire reprit le flambeau : Monsieur Le Blanc. La particularité de cet illustre savant est...qu'il n'existe pas !
Se cachait sous ce pseudonyme une femme, et oui, Sophie Germain, née en 1776. A cette époque, pas question pour les femmes de mener une carrière dans les sciences, et de toutes façons,
sa timidité naturelle lui interdisait de se présenter devant les gouverneurs de l'académie. Elle emprunta donc l'identité d'un ancien condisciple, Antoine-Auguste La Blanc, et travailla par
correspondance avec l'académie.
Elle réalisa une importance avancée dans la démonstration du théorème.
Après la percée réalisée par Sophie Germain, l'académie des sciences créa un prix de 3 000 francs pour le mathématicien qui viendrait à bout du dernier théorème de Fermat.
Ce fut la foire d'empoigne ! Deux prétendants annonçaient une communication définitive sous peu, Gabriel Lamé et Louis Cauchy, lorsqu'une lettre, lue lors d'une assemblée, mit fin aux
spéculations.
C'était une lettre du mathématicien allemand Ernst Kummer qui prouva que la démonstration Lamé-Gauchy était pour le moins hasardeuse, et au pire imprudente. Les intéressés
n'insistèrent pas.
Faisons allègrement un bond jusqu'en 1954, et tiens, pourquoi pas, jusqu'au Japon.
Goro Shimura, jeune universitaire passionné par Le Théorème, voulut emprunter à la bibliothèque un ouvrage rare; ouvrage indisponible car prêté à un certain Yutaka Taniyama, qu'il
connaissait vaguement et qui logeait de l'autre côté du campus. Ils se rencontrèrent, se rendirent compte qu'ils travaillaient exactement sur les mêmes calculs et décidèrent d'échanger des idées.
De cette collaboration naquit une nouvelle avancée considérable dans la démonstration du théorème.
Mais leurs ambitions furent déçues, le doute s'installa et Yutaka Taniyama perdit confiance et finit par se suicider le 17 novembre 1958.
Quelques années plus tard, un jeune anglais fasciné par les maths découvrit, en 1963 à l'âge de 10 ans, un bouquin : "le problème ultime", où il était question d'un problème mathématique
remontant à la Grèce antique, ayant atteint sa maturité au XVIIe siècle lorsqu'un mathématicien français du nom de Pierre de Fermat lança à son insu une gageure au reste du monde.
Il décida aussitôt d'y consacrer sa vie...
A suivre...
Par Rouletabille
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