Dimanche 26 avril 2009 7 26 04 2009 23:07

je suis très éclectique dans le choix de mes amis; après Gaston Lagaffe, Sherlock Holmes, Victor Hugo, voici Bach.

Devant l'immense Jean-Sébastien, je vais rester minuscule, humble et discret. D'autant que je n'ai rien d'un musicologue averti et que je ne puis m'exprimer que sur le ressenti, sur l'épidermique, ou plutôt sur l'équivalent qui concernerait le cerveau mais je ne trouve pas le mot.

Exemple l'aria des variations Golberg, court morceau ici interprété au clavecin (après tout Bach n'a pas connu le pianoforté), qui devrait illustrer une part de son génie.

Vous pouvez lancer la musique...


 




                                                                                                                                                                                                                            

C'est très curieux, c'est léger, c'est gracieux, comme s'il pianotait (clavecinait ?) en pensant à autre chose...

On ne pige pas trop la construction; on chercherait vainement les éléments de structure.

Jean-Sébastien parait distrait; on ne sait pas trop où il veut nous emmener.

Est-ce une transcription du désordre universel ? avec toutefois un certain détachement; quelque chose de résigné...

Il ça recommence, il nous remet ça avec quelques variantes; les notes se dispersent librement dans l'air, comme des bulles de savon, comme si leur frêle et éphémère existence jouissait de la totale liberté d'aller s'éclater où bon leur semble.

Pas de calcul, pas de préméditation, Monsieur Bach improvise...

Et puis, soudain, oui là, justement, là où ça fait :"ta...ta,ta,ta...", quel renversement ! fini de rire ! le chaos s'organise, l' ORDRE reprend le dessus !

Et toutes ces petites notes légères et volatiles sont rappelées à la maison, et vite, et en rang. On les voit aspirées dans une sorte d'entonnoir, qui se terminerait par un tube à section carrée !

La dernière phrase reconstruit notre univers avec ses contraintes, sa discipline; mais c'est aussi le retour de l' HARMONIE. Notre misérable particule s'intègre à l'ensemble cosmique.

On se soumet; on a compris; on n'est pas plus intelligent, pas plus grand, mais on s'est redressé, on se sent chez soi; on assume sa condition humaine, les pieds sur la terre et la tête dans les étoiles. 












Par Rouletabille
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