Non, non et non, vous ne saurez rien de la chansonnette intempestive qui envahit le lobe droit de mon cerveau
ce matin. Pas question. Je ne veux en aucun cas passer pour un vieillard chenu contemporain de Maurice Chevalier ! de plus, la chanson populaire limite prolétarienne, c'est pas mon truc. Non
mais ! Les histoires de "poupoules" avenantes, à d'autres. Rien, vous ne saurez rien
!
Par contre, vous pouvez - vous devez - écouter ce bijou de l'ami Ricet-Barrier, qui annonce le sujet
suivant.
"Bon Dieu v'la l'printemps qui s'amène, va falloir retourner aux champs;
Labourer, sarcler tout' la s'maine, Bon Dieu l'printemps c'est fatiguant..."
Donc je suis allé chez L-M (pas de pub) pour acheter un piochon.
Parce que le printemps arrive et que l'herbe pousse partout, surtout là où il ne faut pas !
Cré vain Dieu le beau piochon ! Ah le bel outil !
Un beau manche en bois lisse, et un truc en fer, plat d'un côté et genre fourche de l'autre.
D'abord, bande d'ignards, c'est pas un piochon : c'est une serfouette ! une serfouette panne et fourche.
Rien que le nom me remplit d'allégresse...
De plus, si le manche est couleur...bois, le fer, lui, est bleu. Mais bleu, BLEU, vous voyez ? pas bleu laiterie ou bleu clair lavasse, non BLEU ROI, le bleu de France, le bleu de la grande armée,
un bleu viril...
D'ailleurs, cette serfouette, quelle arme ! une arme à bouter les Anglais ! A moi Du Guesclin, à moi Bayard, boutons, boutons (pas grave un vase ça se remplace) ! Avec ma serfouette,
Azincourt c'était dans la poche !
Bon, reprenons nos esprits, après tout ce n'est qu'un piochon...
Quoique, l'observateur attentif aura remarqué que le manche, à l'extrémité opposée du fer, est percé d'un trou - disons percé ça suffira - tiens, tiens, Sherlock
aurait un haussement de sourcil ...pourquoi ce trou ?
Dois-je y introduire un axe et faire balancer l'objet tel le pendule de Foucault ? sert-il par un savant calcul balistique à mesurer la longueur du champ, si l'on veut bien y approcher
son oeil ? dois-je y passer une cordelette dûment attachée à l'autre extrémité , pour le cas, fort improbable convenons-en, où l'ampleur du geste ajouté à un trop plein d'énergie, propulserait l'
instrument dans les nuages ?
Je crois finalement que je vais exposer cette merveille sur le mur de mon salon, entre la réplique d' Excalibur et la sarbacane Arumbaya ramenée d' Amazonie...
Pour tout vous dire...je le sens pas bien le coup de désherber c'te saloperie de chiendent dans les cailloux...
Ben mon vieux...
C'est ben la misère...
Par Rouletabille
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C'est Aznavour qui a fait toc toc toc ce matin, avec une chanson que j'ai entendue UNE fois à lâge de 15 ans
peut-être, dont j'ignore les paroles et le titre, sauf le début, et qui a sans doute ouvert mon appétit pour la chanson française; c'est un tango très rythmé, ça fait :
"un peu par lâcheté, un peu par lassitude, notre amour murissait à peine que déja..." ; non, j'ai dit un tango rythmé, reprenez : ta la ta ta ta tza, ta la ta ta tatata...bon c'est mieux. Après ?
"un peu par vanité, un peu par habitude"...peut-être; Bref, chanson sans nom tombée dans l'oubli, mais qui cogne à ma porte encore de temps en temps.
Arsène LUPIN et Maurice LEBLANC.
Il est de bon ton de considérer que Maurice Leblanc -tout comme Jules Verne - était un "grand
initié" ! Je n'en dirai pas plus sur le monde de l'ésotérisme et de l'occultisme qui me dépasse un peu. Sachez toutefois qu'une littérature abonde sur les mystères d' Etretat - voir
"l'aiguille creuse" - ses falaises parcourues de souterrains reliant l'Angleterre, - si, si -, sa fontaine secrète d'eau de jouvence., etc...S'inspirant de ce contexte un auteur
anonyme (me souviens plus de son nom) a écrit une nouvelle superbe dont voici l'argument
C'est un peu compliqué, suivez-moi bien.
Arsène Lupin existe bel et bien; il rencontre Leblanc et les deux compères décident que Leblanc publiera les "exploits" d'Arsène sous son nom, en laissant croire qu'il s'agit d'un personnage
de fiction. Bon, vous me suivez. A charge pour Leblanc de reverser - via son éditeur devenu complice - un pourcentage des royalties à Arsène. Ce montage fonctionne des années durant, le
public étant persuadé qu'un auteur de génie, Maurice Leblanc, a créé un super héros : Arsène Lupin. Bon. Le temps passe, Tout le monde prend un coup de vieux, surtout Leblanc qui meurt.
Arsène continue de percevoir, suivant les accords passés, les royalties sur les éditions.
Sentant à son tour venir la fin, il monte une ultime escroquerie avec son fils - qui s'appelait peut-être Arsène - et qui lui ressemblait étonnament; il est donc décidé que le moment venu Arsène
senior partirait discrètement par la petite porte, et qu'il serait in petto remplacé par Arsène junior, qui a forcément hérité de son père l'art du grimage et du déguisement. Ainsi fut
fait, la mort du grand Arsène est restée secrète, et son corps sans doute enterré en haut des falaises d' Etretat, face à la mer. C'est ainsi que pendant des années - des decennies - l'éditeur a continué de verser à un Arsène Lupin plus que
centenaire les droits convenus sur toutes les éditions des romans de Maurice Leblanc.
Mais comment expliquer cette exceptionnelle longévité, 100, 110, 120 ans ? ici intervient le dernier coup de génie du bel Arsène : Mr Le Coeur, confiseur à Etretat. Il prétendait que ce
sympathique artisan lui fournissait quotidiennement...des caramels ! Mais pas des caramels ordinaires, non, des caramels que Mr Le Coeur fabriquait uniquement pour Arsène en utilisant, quoi ? (y
en a deux qui suivent !)...L' EAU DE LA FONTAINE DE JOUVENCE qu'il avait découverte dans une galerie secrète !
Chapeau l'artiste ! Moi, des histoires comme ça, j'en redemande !
Pour vous remercier de votre ténacité si vous êtes arrivés jusque là, une petite chanson...
Par Rouletabille
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